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Cette cucurbitacée a inspiré le plus mythique des couvre-chefs, le chapeau melon !

le 08/09/2020

Il a coiffé bon nombre de têtes et tire son nom d’une cucurbitacée délicieuse, synonyme d’été et de rosé en terrasse, on veut bien sûr parler du chapeau melon ! Conçu pour la première fois en 1850 en Angleterre, ce chapeau feutré et bombé a du vécu… il a connu la misère et la célébrité ! Laissez-nous vous compter son histoire…

 

 

Un chapeau définitivement english, darling !

L’histoire se déroule à Londres, au 6 rue Saint James Street, en 1850. À cette adresse se trouve un chapelier nommé James Lock & Cie, tenu par Thomas et William Bowler. Durant cette année-là, un homme plutôt aisé, du nom de Edward Coke poussa la porte de l’établissement, il s’agissait du neveu du comte de Leicester (apparemment une personnalité qui en imposait dans la région ?). Il souhaitait, pour son garde forestier, que les deux chapeliers imaginent un modèle très particulier. Il voulait un chapeau qui puisse résister aux chocs, rigide comme un chapeau haut-de-forme mais plus court pour éviter de se cogner dans les branches basses lors de leurs traditionnelles parties de chasse en forêt (ce qui est effectivement plus pratique).  Satisfait du produit et de sa solidité, testée par quelques coups de pied, il l’acheta pour 12 shillings. C’est ainsi que le premier chapeau melon est né, d’abord sous le nom de Cokehat en référence à son premier acquéreur, puis, le nom de bowler (qui signifie melon en anglais) fut démocratisé en raison de la forme du couvre-chef !

 

Accessoire de mode incontesté

Avant de devenir un signe distinctif de standing, le chapeau melon a d’abord été adopté massivement par les classes ouvrières anglaise, écossaise et irlandaise. À partir de 1854, la popularité du chapeau changea radicalement lorsque le prince Albert fut photographié avec ! Ni une, ni deux, notre couvre-chef préféré était devenu l’accessoire de mode incontesté, porté par tous les Londoniens de la classe moyenne à la plus aisée. Il vient compléter le costume trois pièces et devient rapidement devenu un symbole de distinction mais aussi une icône culturelle britannique ! God save the chapeau melon ??

Il s’exporte ensuite aux États-Unis au moment de la ruée vers l’or, les légendes diffèrent mais ce serait les Anglais, venus bâtir des chemins de fer à travers les Andes, qui l’aurait emmené avec eux et ainsi fait connaître aux peuples sud-américains. C’est ainsi qu’on peut l’apercevoir couronner la tête de femmes quechuas en Bolivie et au Pérou. Peu importe la véritable histoire, le fait est qu’il fut rapidement adopté et fièrement porté par ces femmes qui ne quittent plus leur petit melon feutré.

Délaissé à partir des années 60, il a toujours été associé à « la classe à l’anglaise », caractéristique des professions importantes (banquier, avocat, politicien). Le chapeau melon a aussi connu son heure de gloire devant la caméra ! Souvenez-vous ces films en noir et blanc sortis d’un autre temps… il n’est pas si loin.

 

À l’écran il tient le 1er rôle ?  

Vous l’avez forcément déjà vu tenir un rôle clé dans de nombreux films et séries cultes comme Orange mécanique, Les Noces Funèbres, Les Temps Modernes… C’est aussi l’accessoire emblématique de personnages iconiques et incontournables tel que Laurel et Hardy, Charlie Chaplin, Dupond et Dupont ou encore ce bon vieux commissaire Maigret ! Que ce soit au cinéma, à la télévision, au cirque, dans la littérature, la musique ou la peinture (dédicace à Magritte), le chapeau melon a inspiré et continuera de coiffer les têtes de nos personnages préférés.

 

Eh oui car même s’il s’est fait plus discret depuis 50 ans, il est encore porté fièrement par la police britannique et avec style et désinvolture par la jeune génération (considérée comme hipster). De l’autre côté de l’océan, il ne manque pas de perfectionner un beau déguisement ou ravir les amateurs du vintage ! De toute façon, on le sait, la mode est un éternel recommencement, alors à quand le grand retour de notre melon préféré ?